Quarantaine 1993

A PROPOS DE "QUARANTAINE"

 

Ce travail a été réalisé pour une exposition collective organisée par SITe, présentée à Marseille en 1993 à la Vieille Charité.

 

L'argument était de travailler sur les îles du Frioul - Pommègues et Ratonneau, en face de Marseille - et sur l'idée de Quarantaine.

 

J'ai travaillé sur les ombres et le corps, le mien en gisant incliné. Ces travaux m'ont conduit à considérer de plus en plus l'espace de présentation des images, leur environnement. Cet espace, cet environnement oriente, voire détermine une lecture. Les différents travaux que j'ai réalisés dans le cadre de SITe ("Soude", "Paysages13-14") ont circulé, par choix délibéré, dans des lieux hétéroclites. Ces expériences m'ont conduit à penser le support de l'image non plus de son seul point de vue fonctionnel mais à m'interroger en tant que photographe sur leur sens.

 

Ici, dans "Quarantaine", la présence du miroir a d'abord été conçue comme un dispositif permettant d'intégrer dans l'oeuvre cet environnement et de l'admettre pour ce qu'il est, à la fois espace de présentation et espace en représentation. Le grattage du tain, l'attaque de la surface réfléchissante au dos du verre, a été réalisé en mettant en relation formelle le corps avec la roche sur lesquelles se projettent les ombres.

 

Un autre jeu est apparu, celui de la réflection du corps du spectateur penché sur le gisant. L'éclairage en lumière rasante a permis de jouer sur l'éclairement de ce corps et la projection de son ombre portée au mur. Ainsi le spectateur était lui même intégré dans l’oeuvre en tant qu’acteur du spectacle (son reflet dans le miroir et son ombre au mur). Sa présence donnait sens à ce travail.

 

Je présente ici non seulement la pièce, mais aussi le processus qui a conduit à sa réalisation: le parcours et la découverte de l’espace qui a fait l’objet des prises de vues finales.  Je présente aussi les essais sur les miroirs intégrés dans l’espace, insérant dans le sol les parties supérieure de la cavité rocheuse. Finalement l’utilisation de ces miroirs a abouti à l’idée du gisant sous un miroir gratté.

 

Fabrice NEY

Avril 2015

 

 

La lumière me résiste... le sol est de rocailles blanches, blessantes...

...

 

C’est dans un trou creusé au sommet de l’île que tout se passe. Des poutres entrecroisées de béton armé, vestige d’une batterie inachevée, projettent leur ombre sur les parois de pierres nues et blanches.

 

Lentement, ces ombres évoluent durant le jour...

 

Extrait du texte de présentation du projet Quarantaine

Fabrice NEY 1992