ZUP n°1 - Marseille  -  1980-1983

EXPOSITION - Ville Blanche - 2019

Présentation de l'installation à la Ville Blanche (23 novembre – 14 décembre 2019)

 

 

ZUP n°1 est une approche photographique des cités en contrebas du Centre urbain du Merlan : La Busserine, Saint Barthélémy, Picon. Elle a été réalisée entre 1981 et 1983.

Cette exposition a été constituée à partir des archives de ce travail et d'une sélection de photographies.

 

Le mur gauche est consacré à l'étude des 68 portes de Saint Barthélémy et la Busserine dont les images photographiques ont fait l'objet d'un traitement informatique. Alors doctorant à l'EHESS, j'ai utilisé le logiciel EURISTA. Loin des logiciels utilisés aujourd'hui, il s'agissait d'opérer des regroupements d'images de portes à partir de descripteurs qu'il a fallu créer. Des permutations de lignes et de colonnes transformaient la visibilité de la matrice ainsi obtenue.

Je présente 16 planches d'archive, résumant visuellement la démarche. Cette dernière consistait en une expérimentation des outils photographiques et informatiques de l'époque. Elle permettait une mise à distance des images photographiques, et une objectivation méthodique du processus de leur regroupement.

Un extrait de 9 photographies de portes, en tirages numériques agrandies, choisies à partir de ma vision sur ordinateur des fichiers, évoque un autre processus de sélection et de présentation.

 

Le mur droit présente le travail qui a globalement précédé la réalisation des « 68 portes ».

Il pose le regard sur l'environnement urbain immédiat des habitants. Certains thèmes sont mis en relief (les escaliers, les graffitis), d'autres qui ont fait l'objet d'une étude approfondie, sont évoqués (les caddies...). L'approche par accumulation et séries est constitutive de ma pratique photographique.

La présentation en grille correspond aux sélections et regroupements de tirages, à la logique qui était la mienne à l'époque, de mon approche de l'environnement urbains et de ses détails.

 

Sous verre, trois boîtes archives ouvertes révèlent leur contenu : d'une part les dossiers d'origine, des feuillets A4 sur lesquelles sont collés les tirages, ainsi que les archives du traitement des 68 portes dont les différents schémas annotés. Les tirages sont tous des petits formats (8x12cm), à deux exceptions près : les 16 portes J et le tirage d'une façade d'immeuble dont j'ai découpé et recollé les balcons, en accentuant le cadre du bâti.

 

Sur le mur, une photographie a été isolée : tirage recadré des balcons de l'immeuble P (aujourd'hui disparu) qui était visible de la voie surplombant la cité devant le centre urbain.

 

J'avais proposé dans le cadre de la réhabilitation des lieux d'effectuer un suivi photographique avec les habitants. Cette proposition n'a pu se mettre en place. Elle  consistait en des jeux d'images des lieux avec lesquels les habitants auraient pu jouer en les classant, en proposant des récits et des parcours, réels et imaginaires. Le recueil de ces récits et parcours auraient pu constituer un matériau brut, révélateur de l'imaginaire des lieux...

Une autre proposition qui n'a pas non plus été retenue dans le cadre d'une réhabilitation d'une cité dans le Var: il s'agissait de répondre à la question, posée en forme de défi par les responsables du projet,  de savoir quelles portes seraient les plus exposées aux dégradations après travaux. Cette question était pour moi intéressante: je ne pouvais considérer les traces que je relevais comme dégradation, mais comme adaptation des lieux à l'expression de quelque chose d'autres, ce qui me permettait de proposer un dispositif témoin, de coller sur les portes l'image réduite des portes et de suivre leur évolution en les photographiant. Je m'inspirerais de ce dispositif pour Origine, avec SITe, 15 ans plus tard.

Fabrice Ney

2019

1/1