un passé compos(t)é     2001- 2021

En 2001, je photographiais un jardin à Marseille, plus précisément à Saint Barnabé. C'était celui de mon enfance, la propriété allait être vendue. J'y portais un dernier regard.

J'avais suspendu ma pratique photographique et je n’avais pas développé ces deux films. J'avais abandonné ces images à leur latence.

Ayant repris mon projet photographique quelques années plus tard, j'ai décidé de renouer avec l'argentique en 2021. En farfouillant dans mon matériel résiduel, j’ai trouvé deux pellicules exposées.

Ce sont les premières que j’ai développées. 

Des 120 en attente depuis 20 ans, révélées et scannées… 20 ans après la prise de vue… Latentes depuis… en travail... Elles en portent la trace, celle de l'emballage censé les protéger... mais durant 20 ans... le mouvement de la matière s'y est inscrit.

Un jardin d’enfance… pas disparu, mais presque... effacé, lointain…

L‘image photographique est en dépôt dans notre présent. Elle y travaille sans cesse, et son lien avec ce qui fut ne cesse de se décomposer et de s'associer à d'autres images, d'autres objets, d'autres contextes. Elle nous offre, par les mouvements de nos regards, la liberté de dire à « nouveau ».

Ce passé en décomposition enrichit notre présent, en tant que passé compos(t)é.

 

Fabrice NEY - octobre 2021