La pudeur du Faune

2016-2018

La Pudeur du Faune est une installation proposée par trois artistes: Luc Boniface, Marie-Françoise de Gantès et Fabrice Ney.

D'abord présentée à Marseille, en 2016, elle s'est étoffée d'autres pièces en 2018 à la Maison du Cygne à Six-Fours.

La question de notre conception de la nature y est posée.

https://vimeo.com/286066253

"De rerum natura"  -  2018

Ce texte et les photographies liées ont accompagné la présentation des œuvres installées à l'occasion de la deuxième présentation de l'exposition collective "La pudeur du Faune et autres histoires...", avec Luc Boniface et Marie-Françoise de Gantès à Six-Fours (Maison du Cygne). Le titre est une référence explicite à l'œuvre de Lucrèce, dont la lecture a accompagné la conception de l'installation.

Ce titre ne concerne que la partie de l'exposition présentant le travail réalisé par Luc et moi.

Photographiant, je ne peux porter sur la nature un regard différent de l’ensemble des choses susceptibles d’être ainsi représentées. Les éléments naturels ne forment pas a priori une catégorie à part, nécessitant un traitement spécifique. Ils sont des éléments de mon environnement… entre autres.

 

Cependant la question de la représentation de ces éléments naturels doit être posée : cette représentation est imprégnée d’une histoire, d’une culture et ma perception de ce que je peux désigner comme Nature en est, de ce point de vue, tributaire.

 

Mon travail en cours sur la Pudeur du Faune se concentre autour de cette question.

 

Les images proposées sont des variations de l’approche d’un lieu, un vallon creusé par une rivière, affluent du Var.

 

Nous avons considéré ce vallon comme Demeure du Faune.

 

 

Etant donnée la grotte : elle suinte et glisse, elle est sombre, obscure… elle m’étouffe et me protège… elle initie mes addictions, elle m’enveloppe, j’y aménage ma vue en tension avec mon regard. Rien à regarder, tout à voir. C’est bien là que, magiquement, ça commence et s’achève.

La grotte n’est-elle pas le lieu originel, celui dont les autres sont les répliques ?

Là  s’agonise, se trame, se survit, se chuchote, se meurt, s’espère, s’attend… en toute réflexivité… dans la grotte…

 

Et, peut-être, une fois sorti, avant d’y retourner, en construire une cabane, une image, une œuvre, un objet… ou quelque chose comme ça…  toujours à refaire. L’important est le plaisir de faire.

 

Il faut être faune, grognant une grandiose solitude, pour rouler chaque jour, joyeusement, ces gros cailloux, tenter d’en former un attribut… d’en subjectiver notre attention… de la transmuter en intention. ça se passe là… juste là.

 

Le Faune danse parallèle à la vision…

 

Fabrice Ney

Février – Avril  2018